Prompt, hallucination, source : trois mots à connaître avant le cours
Avant de suivre le cours en quatre séances, trois termes reviennent sans cesse. Marc Dufour les explique avec des mots simples et des exemples tirés de la vie courante.
Marc Dufour · · 6 min de lecture
Pourquoi commencer par le vocabulaire
Quand je reçois les participants à la première séance du cours en quatre séances, je remarque souvent la même gêne : on a lu ou entendu des mots anglais dans le journal, à la radio, chez des amis, et l'on n'ose pas demander ce qu'ils veulent dire. Cette gêne est tout à fait normale, et elle disparaît vite dès qu'on pose les mots sur la table.
Le cours dure quatre séances et coûte CHF 240 par personne. Il avance pas à pas : écrire, traduire, planifier, puis vérifier les réponses de l'IA. Avant de toucher au clavier, nous prenons un moment pour nommer les choses. Trois termes suffisent pour suivre sereinement tout le reste : le prompt, l'hallucination et la source.
Ces mots ne sont pas du jargon réservé aux spécialistes. Ils décrivent des gestes que vous connaissez déjà : poser une question, douter d'une réponse, demander d'où vient une information. Le reste du cours consiste surtout à retrouver ces gestes face à un outil nouveau, à votre rythme et sans précipitation.
Le prompt : simplement la consigne que l'on donne
Un prompt, c'est le texte que vous tapez pour demander quelque chose à l'IA. Rien de plus. On pourrait dire « consigne » ou « demande », et ce serait aussi juste. Si vous écrivez « Aide-moi à rédiger une lettre pour annuler mon abonnement », ceci est un prompt.
Ce qui change tout, c'est la précision. Comparez avec ce que vous diriez à une voisine qui vous rend service : plus vous expliquez le contexte, mieux elle vous aide. Avec l'IA, c'est pareil. Indiquer à qui s'adresse la lettre, sur quel ton, en combien de lignes, donne un résultat bien plus utile qu'une phrase vague.
Pendant la deuxième séance, chacun rédige ses propres consignes à partir de situations réelles : un courrier à une régie, un message de remerciement, un menu pour des invités. On compare ensuite les réponses obtenues selon que la consigne était courte ou détaillée. L'écart est souvent surprenant, et il rassure : on ne le doit pas à un don technique, mais à une bonne habitude de clarté.
- Dites qui est le destinataire du texte
- Précisez le ton : formel, chaleureux, bref
- Indiquez la longueur souhaitée
- N'hésitez pas à reformuler et à redemander
L'hallucination : quand l'IA répond avec aplomb, mais à tort
Le mot surprend, car il évoque autre chose. En matière d'IA, on parle d'hallucination lorsque l'outil donne une réponse fausse ou inventée, avec le même ton assuré que pour une réponse exacte. Il peut citer un livre qui n'existe pas, mélanger deux dates ou attribuer une phrase à la mauvaise personne.
La raison est simple à comprendre : l'outil construit des phrases plausibles, il ne consulte pas un registre de vérités. Une phrase peut donc sonner juste sans l'être. Ce n'est pas une panne, c'est une caractéristique de fonctionnement, et c'est précisément pourquoi nous consacrons la dernière séance à la vérification.
Je le montre toujours avec un exemple concret : on demande une courte biographie d'une localité vaudoise, puis on relit ensemble, ligne par ligne, en confrontant avec une brochure communale ou un site officiel. Chacun repère les erreurs de lui-même. Cette expérience vaut mieux que n'importe quel avertissement théorique, parce qu'on garde en mémoire ce qu'on a découvert soi-même.
La source : le réflexe de demander d'où vient l'information
Une source, c'est l'endroit où une information a été trouvée : un document officiel, un article signé, un site d'institution. Face à l'IA, demander la source devient un réflexe de prudence. Mais attention : l'outil peut lui aussi inventer une source. Il faut donc aller vérifier qu'elle existe vraiment.
Le bon geste tient en trois temps. D'abord, repérer dans la réponse les éléments qui comptent : un chiffre, une date, un nom, une règle. Ensuite, chercher ces éléments dans un document fiable, que vous connaissez ou que vous pouvez retrouver. Enfin, en cas de doute, ne pas utiliser l'information telle quelle.
Cette méthode s'applique de la même façon à une démarche administrative, à un conseil pratique ou à une traduction. Plus l'enjeu est important, plus la vérification doit être soignée. Pour un simple menu de fête, une relecture rapide suffit ; pour un courrier engageant, mieux vaut un second regard humain, celui d'un proche ou d'un professionnel.
- Repérer les chiffres, dates et noms à contrôler
- Retrouver l'information dans un document fiable
- Se méfier d'une source qu'on ne peut pas ouvrir
- Faire relire ce qui engage vraiment
Comment ces trois mots s'enchaînent dans le cours
Ces trois notions ne sont pas des leçons séparées : elles forment un petit cycle. On rédige un prompt clair, on lit la réponse en sachant qu'elle peut contenir une erreur, puis on contrôle la source. À chaque séance, nous refaisons ce trajet sur un nouveau sujet, ce qui le rend naturel au bout de quelques semaines.
Les séances sont conçues pour de petits groupes, avec le temps de poser toutes les questions, y compris celles que l'on juge naïves. Il n'y en a pas : un terme mal compris aujourd'hui est la clé de la séance suivante. Nous reprenons volontiers une explication autant de fois que nécessaire.
Chacun repart avec ses propres exemples, tirés de sa vie : une correspondance, un voyage, un projet de jardin. Ces exercices personnels servent ensuite de modèles à refaire seul à la maison, sans pression et sans que personne ne regarde par-dessus votre épaule.
Ce que ce vocabulaire ne promet pas
Connaître ces trois mots ne rend pas l'IA infaillible, et ne vous transforme pas en spécialiste. Ils donnent surtout une grille de lecture : savoir ce que l'on fait quand on tape une consigne, pourquoi une réponse peut être fausse, et comment la contrôler. C'est une base solide, et c'est déjà beaucoup.
Le cours ne garantit pas non plus que l'outil répondra toujours juste ; personne ne peut le faire honnêtement. Ce que nous visons, c'est que vous ayez les bons réflexes pour décider vous-même quand vous pouvez vous fier à une réponse et quand il vaut mieux douter.
Si vous hésitez encore entre un atelier de groupe, une leçon individuelle ou le cours complet, le vocabulaire est un bon critère : si ces trois mots vous sont nouveaux et que vous aimez avancer par étapes, le cours en quatre séances vous laissera le temps de les apprivoiser.
Prompt, hallucination, source : trois mots, trois gestes. Rédiger une consigne claire, se rappeler qu'une réponse peut être fausse, vérifier d'où vient l'information. Une fois ces repères en main, l'IA cesse d'être une boîte mystérieuse et devient un outil que l'on utilise avec prudence et curiosité, à son propre rythme. C'est exactement ce que le cours en quatre séances cherche à installer, séance après séance.
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Marc Dufour
Responsable des cours individuelsIl accompagne chaque participant selon son rythme et ses questions, en privilégiant la pratique.